Vol inaugural Paris – Timimoun

Le week-end du 18 décembre, j’ai eu l’occasion de participer au vol inaugural Paris – Timimoun. Vol direct et hebdomadaire qui met l’oasis du Gourara à un peu plus de 3 heures de Paris, de février à avril. Et pour l’occasion un aller/retour en 3 jours. Probablement la première fois que « l’oasis rouge » aura été aussi rapidement accessible depuis Paris ! Finies les escales obligatoires à Alger ou les transferts depuis Adrar, l’aéroport situé à 200 km qui permettait à quelques voyageurs particulièrement motivés d’atteindre l’oasis pour un joli voyages dans le désert.

foggarasEffet de cet enclavement, Timimoun a peu changé et a su préserver sa culture et son identité. La ville a gardé son architecture de type soudanaise aux teintes ocre rouges et aux murs recouverts de décorations en terre. Pas encore de constructions en hauteur et peu de lotissements bétonnés pour perturber cette harmonie. Malheureusement, la palmeraie a beaucoup souffert du tarissement de nombreuses foggaras, ce système ingénieux de captage des eaux en amont qui régulait la distribution d’eau.

Une jeunesse peu concernée par l’agriculture et la concurrence commerciale des fruits et légumes venus du nord ont aussi accéléré le déclin de l’horticulture locale. Suffisamment de parcelles sont malgré tout cultivées pour donner tout son charme à la vue sur la palmeraie, la sebka et au loin les dunes du Grand erg. Trois constats m’ont particulièrement fait plaisir :

Où qu’on se trouve il n’y a pas de harcèlement touristique. C’est aujourd’hui un luxe rare, qu’offrent très peu de pays du Sud, que de pourvoir déambuler, être assis à la terrasse d’un café, faire ses courses et de ne subir aucune sollicitation. Le prix est le même pour tous, idéal pour moi qui ai horreur de négocier ! C’est le cas dans toute l’Algérie et c’est particulièrement vrai à Timimoun.

Il y a une offre d’hébergements qui permet d’envisager un séjour en toute sérénité : l’hôtel Gourara et la Forteresse. L’hôtel Gourara fait partie de ces hôtels construits par Pouillon dans les années 70, tous bien intégrés dans les grandes oasis du Sud.

La vue sur l’oasis et l’erg, depuis la terrasse, est extraordinaire et mérite à elle seule le séjour. Elle ferait presque oublier qu’une rénovation est indispensable ! Mais le très faible prix de la chambre aide à faire passer la pilule… La Forteresse est un petit hôtel familial construit en bordure de la palmeraie dans une ancienne kasbah. Prestations simples mais accueil chaleureux. Il existe aussi un camping-hôtel aménagé à la lisière de l’oasis, l’Hôtel des sables. Vous êtes plus près du désert mais un peu à l’écart de la ville avec les prestations les plus sommaires des trois options.

La musique traditionnelle est toujours bien vivante. Notre présence coincidait avec le festival de la musique Al Alil, mélange de chants religieux et de rythmes africains. Le nombre des groupes et la jeunesse des participants faisait plaisir à voir et à entendre.

En conclusion, je vous recommande vraiment d’aller passer une semaine à Timimoun. A partir de 500 € TTC vous aurez un vol, un hébergement en B&B et les transferts, base 2. Ce n’est pas cher pour vivre une parenthèse saharienne au cœur de l’hiver à 3h20 de vol de Paris. N’attendez pas que Timimoun ait définitivement perdu son authenticité.

Pour la petite histoire, j’ai rapporté de Timimoun des dattes succulentes, des betteraves rouges aussi tendres que sucrées et des cacahouètes fraîches. Des produits particulièrement bios et définitivement durables et qui ont apporté une réelle touche exotique et gastronomique à nos repas de fêtes. J’ai par contre hésité à acheter une patte de chameau, même si à 0.35 € la patte, c’était une vraie affaire !
Les vols sont opérés par Europ Air Post